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jeudi 9 septembre 2010

Banquise en très mauvaise passe

L'été météorologique a déjà pris fin, mais la fonte de la banquise arctique poursuit sa fonte. C'est tout à fait normal, elle se poursuit habituellement jusqu'à la moitié du mois de septembre. Ce qui l'est moins c'est que sont rythme de fonte se soit accru ces dernières semaines. L'anomalie négative de surface couverte par la banquise s'est en effet accru de 500.000 kilomètres en 3 semaines seulement, venant ainsi titiller le record de l'été boral 2007. Cette année là, l'extent de la banquise était descendu sous 3 millions de kilomètres carrés de surface. Aujourd'hui, la banquise semble vouloir renouveler "l'exploit"...


[En l'espace de deux semaines, la surface de la banquise a diminué de près d'un million de kilomètres carrés, alors que la fonte semblait se ralentir]


[La surface de la banquise semble vouloir descendre sous 3.000.000 km². Ce n'est arrivé qu'une seule fois, en 2007]


[Les deux couloirs maritimes du NE et du NO sont ouverts, pour la quatrième année consécutive (avant 2007, c'était extrêmement rare)]

Avec la reprise de l'activité solaire ces derniers mois et l'approche du nouveau maximum solaire, les prochains minima de l'extent de la banquise risquent de battre tous les records...

samedi 29 mai 2010

Canicule extrême au Pakistan (records mondiaux approchés)

Le Pakistan est certes habitué aux fortes chaleurs, mais la vague de chaleur qui touche la région ces derniers jours est d'une ampleur exceptionnelle.

Certains endroits de l'Est et du Sud du pays voyaient la température dépasser largement les 50°C hier dans l'après-midi. De nombreux records sont d'ailleurs tombés.
On mesurait au plus chaud de la journée, 53.5°C à Mohen-Jo-Daro, ce qui constitue un record pour cette station et un record national (l'ancien record était détenu par la station de Jacobabad, avec 52,8°C, mesurés en 1919), ainsi qu'un record pour le continent asiatique pour le mois de mai, et une deuxième place tous mois confondus (Derrière les 53,7°C mesurés par la station israélienne de Irat-zvi), et enfin cette valeur obtient la deuxième place au rang mondial (Derrière la station de la Vallée de la Mort aux USA).
Record aussi à Sibi* avec 53°C (notez que la température minimale n'est pas descendue sous 39,7°C!). Il a aussi fait 52.5°C à Jacobabad, 52.5°C à Pad Iban, 52.2°C à Nawabshab,...



Des conditions de chaleurs extrêmes comme celle-ci n’avaient plus été observées depuis 1998, nous rapporte le site www.meteo-world.com.

On parle également de potentiel à un record mondial absolu! En effet, les 56°C mesurés dans la Vallée de la Mort en 1916 et les 58°C relevés en 1922 à El Azizia n'inspirent pas beaucoup de confiance: les conditions de mesures n'étaient alors pas encore réglementées, et à de telles températures, les différences entre les températures mesurées par un abri normalisé et un abri amateur peuvent être de plusieurs degrés.

Cette vague de fortes chaleurs devait prendre fin aujourd'hui, avec l'arrivée de pluies soutenues.

*N.B: Sibi se situe dans une des régions les plus chaudes du monde en été.

mardi 18 mai 2010

Avril 2010: de loin le plus chaud sur Terre

Voici les propos recueillis sur www.climateprogress.org.

It was the hottest April on record in the NASA dataset. More significantly, following fast on the heels of the hottest March and hottest Jan-Feb-March on record, it’s also the hottest Jan-Feb-March-April on record.

The record temperatures we’re seeing now are especially impressive because we’ve been in “the deepest solar minimum in nearly a century.” It now appears to be over. It’s just hard to stop the march of manmade global warming, well, other than by reducing greenhouse gas emissions, that is.

Most significantly, NASA’s March prediction has come true: “It is nearly certain that a new record 12-month global temperature will be set in 2010.″

Actually, NASA first made its prediction back in January 2009:

Given our expectation of the next El Niño beginning in 2009 or 2010, it still seems likely that a new global temperature record will be set within the next 1-2 years, despite the moderate negative effect of the reduced solar irradiance.”

Of course, there never was any global cooling — see Must-read AP story: Statisticians reject global cooling; Caldeira — “To talk about global cooling at the end of the hottest decade the planet has experienced in many thousands of years is ridiculous.”

In fact, the 12-month record we just beat was set in … 2007!

(...)

“We conclude that global temperature continued to rise rapidly in the past decade and that there has been no reduction in the global warming trend of 0.15-0.20°C/decade that began in the late 1970s.”

After the endless disinformation-based global cooling stories of the past few years, it’s time for the media to start do some serious fact-based global warming stories.



Traduction:

"Avril 2010 a été le mois d'avril le plus chaud depuis le début des relevés de la NASA. Et plus significativement, ce mois d'avril clôture une suite de 4 mois records au niveau des températures à l'échelle planétaire.



Les températures exceptionnellement douces que nous connaissons actuellement sont d'autant plus impressionnantes qu'elles se produisent à la fin du minimum solaire le plus profond depuis un siècle (il paraît cependant être derrière nous aujourd'hui). Il est en effet difficile de stopper les effets du réchauffement climatique anthropique autrement qu'en diminuant les émissions de gaz à effet de serre.

Encore mieux: conformément aux prévisions de la NASA les 12 mois qui précèdent ce mois d'avril s'avèrent également les plus chaud de l'histoire.

En Janvier 2009, la NASA déclarait déjà ceci:

Après en être venu aux conclusions d'un El Niño redémarrant en 2009 ou 2010, il semble qu'un nouveau record de température globale tombera endéans deux ans, malgré l'effet inverse du minimum solaire.

Il n'y a eu en effet aucun refroidissement planétaire. Au contraire, ce record annuel vient détrôner celui de... 2007.

(...: on parle du fait qu'il n'était pas bon de se baser sur les températures des eaux de surface pour conclure qu'un refroidissement allait se produire, car ces températures sont trop variables dans le temps. Par contre, dans les profondeurs de l'océan, les variations sont très faibles. Il est donc plus fiable de conclure d'une tendance à un réchauffement, ou refroidissement, suite à l'observation de la variation des températures des eaux profondes)


[Le graphique nous montre que l'anomalie de la contenance calorifique des océans n'a cessé d'augmenter depuis les années '70]

Nous en concluons donc que la température globale n'a cessé d'augmenter durant la dernière décennies et qu'il n'y a pas eu de réduction dans la tendance au réchauffement de 0,15/0,20°C par décennie que l'on observe depuis la fin des années '70.

Après les interminables histoires de refroidissement climatique que nous ont racontés les médias, il est temps pour ceux-ci de commencer à sensibiliser la population à l'inéluctable réchauffement climatique que notre planète connaît".


Pour ce qui est des chiffres, la température globale moyenne de ce mois d'avril a été de 14,5°C, largement devant les maigres 13,7°C du mois d'avril 2007.

Que les sceptiques se tiennent et laissent les vrais scientifiques faire leur travail.

vendredi 14 mai 2010

Point sur l'état de la Banquise

La débâcle s'étant largement entamée dans l'Océan Arctique, il est temps de faire le point sur l'évolution de la couverture de glace dans les régions.

Au nord, la couverture de glace affiche un déficit modéré, mais en forte hausse depuis le début de la débâcle. A la fin de l'hiver, le déficit s'était presque totalement résorbé, grâce à un hiver plutôt frais au nord du cercle polaire (excepté à l'est du Canada). La surface de mer recouverte par la banquise n'a cependant plus affiché d'excédent prononcé depuis 2003, preuve irréfutable d'un net réchauffement dans la région.


Sur le graphique ci-dessus, nous pouvons remarquer que le déficit hivernal est en général moins marqué que l'estival.
C'est en fait une conséquence de l'amincissement et du rajeunissement de la banquise au pôle nord. La récurrence d'étés doux amincit la couche de glace estivale au Pôle Nord. La banquise devient alors plus fragile face aux températures positives en été et perd de sa surface estivale. De plus, l'affaiblissement du pack favorise les mouvements entre les plaques de glace. La banquise qui résiste habituellement aux douceurs de l'été dérive alors vers des latitudes moins élevées et perd d'autant plus de surface et d'épaisseur. Il en résulte que les glaces estivales ne dépassent aujourd'hui que rarement 3 ans d'âge, alors qu'il y a une cinquantaine d'années, elles pouvaient persister plus de 6ans de suite sans fondre. L'épaisseur moyenne de cette "banquise éternelle" a également fortement baissé, mais je ne pourrais plus quantifier cette baisse avec certitude. Elle doit probablement être d'un mètre sur trois.
Ceci explique donc que la glace estivale présente une surface plus faible.

Maintenant, il s'agit d'expliquer pourquoi le pack hivernal affiche un déficit plus faible.
En hiver, des températures temporairement froides permettent facilement la formation de glace peu épaisse, donnant l'impression que le déficit se résorbe. Le pack estival a quant à lui besoin d'une épaisseur beaucoup plus importante pour résister à l'été et requiert des températures beaucoup plus froides.
Si l'on pouvait mettre sous graphique le déficit du volume total du pack, le diagramme nous révèlerait un courbe en constante baisse, ou presque. De telles données ne sont malheureusement pas encore disponibles sur le net.

Ci-dessous, une carte de la banquise et de sa concentration au 11 mai. Fait remarquable: la fonte de la banquise se laisse attendre en mer Baltique, contrairement aux années précédentes, où presque aucune banquise n'était observable en mer Baltique, même en plein hiver. Cette observation est à mettre en parallèle avec les températures très fraîches que nous connaissons depuis plusieurs mois en Europe.



Au sud, par contre, la situation est tout à fait différente. Le pack affiche en général un excédent, parfois marqué. A long terme (deuxième image), on peut même remarquer une nette hausse de cette anomalie. En Septembre 2007, le record absolu de surface couverte par la banquise était même battu, tandis que six mois plus tôt, c'était le contraire dans l'hémisphère Nord.
Le continent Antarctique est en fait le seul au monde à observer une baisse de sa température moyenne depuis une quinzaine d'années. Le phénomène n'est pas encore clairement expliqué, mais il devrait s'agir d'une anomalie de troposphère, faisant descendre son air froid vers les terres du continent blanc.




samedi 20 mars 2010

Le Royaume-Uni interdit une campagne de sensibilisation au réchauffement climatique

Le gouvernement anglais s'apprêtait (enfin?) à diffuser une campagne de sensibilisation à l'égard du réchauffement climatique et ses conséquences, lorsque, jugée trop alarmiste et ne prenant pas compte des incertitudes des spécialistes, elle fut interdite à la publication par l'ASA (Advertinsing standards Authority).





Premièrement, la société dit avoir interdit la publication de la campagne pour ses propos, qui ne suivent pas les dires des spécialistes. En effet, ceux-ci parlent d'une "grande probabilité" (90%) de voir ce réchauffement (et ses conséquences) se poursuive, mais cette probabilité n'est pas reconduite dans le texte des affiches: l'accroissement en intensité et en nombre des catastrophes naturelles avec le réchauffement y est présentée comme un fait certain.

C'est absurde... Interdit-on les campagnes de sensibilisation contre le tabagisme parce qu'une petite part des gros fumeurs vivent en bon
ne santé jusqu'à plus de 80 ans? De la même façon, interdit-on les campagnes de sensibilisation contre l'alcool au volant, parce que certaines personnes arrivent à relier la boîte de nuit à la maison avec 3 grammes d'alcool par litre de sang? Ce serait totalement insensé.

Ensuite, l'ASA déclare avoir censuré cette campagne pour son "alarmisme", c'est à dire pour l'exagération de son propos et son caractère choquant. Mais n'est-ce pas par l'exagération que les campagnes de prévention parviennent à toucher le public? Les campagnes de prévention contre le tabagisme ont-elles été interdites
à cause des images choquantes qu'elles présentent (poumons imbibés de métaux lourds, cancers du pharynx,...)?
Non... parce qu'il s'agit de prévention.

Or ici, c'est ce que l'on a fait... Pourtant, qu'a-t-on à perde dans la prévention et la lutte contre le réchauffement climatique? La réponse est évidemment: Rien.
Je m'explique.
  1. Si le réchauffement climatique s'avère être une réalité, nous aurons agi de façon à le réduire. Nous en sortirions donc gagnants.
  2. Si le réchauffement s'avère être une utopie, nous aurons de tout de façon fait en sorte que notre air soit moins pourri. Nous en sortirions donc également gagnants, excepté les capitalistes, parce que la lutte contre le réchauffement climatique a évidemment un coût.



Tout cela me porte donc à croire que cette interdiction cache d'autres raisons, plutôt économiques et financières cette fois... Saleté de capitalisme.

Voir les articles de presse en ligne:

- UK: Government rebuked over global warming nursery rhyme adverts
- B: Une affiche sur le climat interdite pour "alarmisme"

vendredi 12 mars 2010

Hiver très doux et peu enneigé au Canada

Pour faire relativiser l'effet du minimum solaire (et des cycles d'activité solaire) sur le climat terrestre, parlons de l'hiver que connaissent nos confrères Canadiens (et ils ne sont pas seuls dans cette situation: l'hiver froid des européens fait presque exception dans l'hémisphère nord).

Avec près de 4°C d'excédent thermique pour toute la saison hivernale, cet hiver se hisse à la première place du palmarès des hivers les plus doux et les moins enneigés depuis le début des relevés thermométriques au Québec (en 1949).
Là où l'épaisseur de neige dépasse généralement le mètre de neige début mars en banlieue québecoise, la neige découvre déjà certaines pelouses exposées au sud. Un parfum de printemps enivre déjà les Québecois, alors que l'hiver dure habituellement jusqu'à la fin du mois.
L'aéroport de Québec dépasse à peine 150cm de neige cumulés depuis le début de là saison, là où elle devra atteindre 330cm d'ici avril... A moins d'avoir un mois de mars exceptionnellement neigeux (ce qui ne correspond pas aux prévisions actuelles) et si le reste du mois est à l'image de la première décade, le record sera bel et bien battu.

L'institut météorologique fait remarquer que les dix derniers hivers ont tous été plus doux que la normale (1971-2000), malgré un enneigement explosant tous les records durant l'hiver 2007-08 (plus de 500 cm de neige cumulés). La tendance de ces dix dernières années semble confirmer les prévisions du GIEC. Les sceptique du réchauffement climatique se serviront encore de la rigueur des hivers européens et New-yorkais pour justifier leurs positions. Cependant, à la vue de cette carte, c'est sans conteste, la mois de janvier fut à échelle mondiale plus doux que la normale. Et ce mois de janvier fut à l'image de tout l'hiver.




Enfin, deux photos comparatives: En premier, une photo prise le 14 février 2008, et ses 558cm de neige cumulés, avant la photo du même endroit, prise ce 12 février. La différence est frappante.










Minimum solaire ou pas, le changement climatique n'attend pas.