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jeudi 9 septembre 2010

Banquise en très mauvaise passe

L'été météorologique a déjà pris fin, mais la fonte de la banquise arctique poursuit sa fonte. C'est tout à fait normal, elle se poursuit habituellement jusqu'à la moitié du mois de septembre. Ce qui l'est moins c'est que sont rythme de fonte se soit accru ces dernières semaines. L'anomalie négative de surface couverte par la banquise s'est en effet accru de 500.000 kilomètres en 3 semaines seulement, venant ainsi titiller le record de l'été boral 2007. Cette année là, l'extent de la banquise était descendu sous 3 millions de kilomètres carrés de surface. Aujourd'hui, la banquise semble vouloir renouveler "l'exploit"...


[En l'espace de deux semaines, la surface de la banquise a diminué de près d'un million de kilomètres carrés, alors que la fonte semblait se ralentir]


[La surface de la banquise semble vouloir descendre sous 3.000.000 km². Ce n'est arrivé qu'une seule fois, en 2007]


[Les deux couloirs maritimes du NE et du NO sont ouverts, pour la quatrième année consécutive (avant 2007, c'était extrêmement rare)]

Avec la reprise de l'activité solaire ces derniers mois et l'approche du nouveau maximum solaire, les prochains minima de l'extent de la banquise risquent de battre tous les records...

vendredi 14 mai 2010

Point sur l'état de la Banquise

La débâcle s'étant largement entamée dans l'Océan Arctique, il est temps de faire le point sur l'évolution de la couverture de glace dans les régions.

Au nord, la couverture de glace affiche un déficit modéré, mais en forte hausse depuis le début de la débâcle. A la fin de l'hiver, le déficit s'était presque totalement résorbé, grâce à un hiver plutôt frais au nord du cercle polaire (excepté à l'est du Canada). La surface de mer recouverte par la banquise n'a cependant plus affiché d'excédent prononcé depuis 2003, preuve irréfutable d'un net réchauffement dans la région.


Sur le graphique ci-dessus, nous pouvons remarquer que le déficit hivernal est en général moins marqué que l'estival.
C'est en fait une conséquence de l'amincissement et du rajeunissement de la banquise au pôle nord. La récurrence d'étés doux amincit la couche de glace estivale au Pôle Nord. La banquise devient alors plus fragile face aux températures positives en été et perd de sa surface estivale. De plus, l'affaiblissement du pack favorise les mouvements entre les plaques de glace. La banquise qui résiste habituellement aux douceurs de l'été dérive alors vers des latitudes moins élevées et perd d'autant plus de surface et d'épaisseur. Il en résulte que les glaces estivales ne dépassent aujourd'hui que rarement 3 ans d'âge, alors qu'il y a une cinquantaine d'années, elles pouvaient persister plus de 6ans de suite sans fondre. L'épaisseur moyenne de cette "banquise éternelle" a également fortement baissé, mais je ne pourrais plus quantifier cette baisse avec certitude. Elle doit probablement être d'un mètre sur trois.
Ceci explique donc que la glace estivale présente une surface plus faible.

Maintenant, il s'agit d'expliquer pourquoi le pack hivernal affiche un déficit plus faible.
En hiver, des températures temporairement froides permettent facilement la formation de glace peu épaisse, donnant l'impression que le déficit se résorbe. Le pack estival a quant à lui besoin d'une épaisseur beaucoup plus importante pour résister à l'été et requiert des températures beaucoup plus froides.
Si l'on pouvait mettre sous graphique le déficit du volume total du pack, le diagramme nous révèlerait un courbe en constante baisse, ou presque. De telles données ne sont malheureusement pas encore disponibles sur le net.

Ci-dessous, une carte de la banquise et de sa concentration au 11 mai. Fait remarquable: la fonte de la banquise se laisse attendre en mer Baltique, contrairement aux années précédentes, où presque aucune banquise n'était observable en mer Baltique, même en plein hiver. Cette observation est à mettre en parallèle avec les températures très fraîches que nous connaissons depuis plusieurs mois en Europe.



Au sud, par contre, la situation est tout à fait différente. Le pack affiche en général un excédent, parfois marqué. A long terme (deuxième image), on peut même remarquer une nette hausse de cette anomalie. En Septembre 2007, le record absolu de surface couverte par la banquise était même battu, tandis que six mois plus tôt, c'était le contraire dans l'hémisphère Nord.
Le continent Antarctique est en fait le seul au monde à observer une baisse de sa température moyenne depuis une quinzaine d'années. Le phénomène n'est pas encore clairement expliqué, mais il devrait s'agir d'une anomalie de troposphère, faisant descendre son air froid vers les terres du continent blanc.




vendredi 19 mars 2010

Arctique: Banquise à la fin de l'hiver

Eh oui, l'hiver prend également fin au grand nord. Enfin, "prendre fin", c'est un grand mot car le pôle nord est encore parti pour 3 mois d'hiver avant l'arrivée de l'été et ses 6 mois de jour. Ceci dit, dans l'ensemble, les températures entament déjà leur remontée dans tout l'hémisphère nord.
Et cela se remarque: la surface couverte par la banquise sur l'océan Arctique commence à décliner. Une petite analyse de cartes s'impose.

La première image nous montre l'état de la Banquise en ce 17 mars. Remarquons:
  • la présence non négligeable de glace sur la mer Baltique. Pourquoi est-ce remarquable me direz-vous? Il est en effet tout à fait normal qu'une partie de la mer Baltique soit gelée. Mais la surface de cette banquise contraste avec celle des hivers plutôt doux des dix dernières années, lors desquels la banquise se réduisait à ses plus maigres retranchements sur l'extrême nord de la mer.
  • le manque de banquise dans le golfe du Saint-Laurent (Québec), habituellement en grande partie recouvert de glace, ainsi qu'au sud de la baie d'Hudson, habituellement entièrement englacé. L'hiver fut en effet tout à fait pourri dans ces régions-là. (voir "Hiver très doux et peu enneigé au Canada"





Le graphique suivant nous montre la surface recouverte par la glace sur l'hémisphère nord. Nous pouvons voir que la ligne entame sa descente. Le graphique va certes encore connaître quelques soubresauts dans les prochains jours, mais je ne pense pas que nous dépasserons le maximum, atteint il y a un peu plus d'une semaine.
L'hiver 2010 fut à l'image des précédents, c'est à dire doux. Cette douceur se répercute évidemment sur ce graphique: la surface de la banquise ne fut à aucune reprise supérieure aux moyennes. A ce jour, nous observons un déficit proche de 467.000 km².


Avec la reprise du soleil de ces derniers mois (voir "le soleil reprend du poil de la bête"), un été très doux est à craindre et avec cela, la possibilité de battre le record minimum de couverture estivale, atteint en 2007 (avec un déficit proche de 3.000.000 km²)

Remarque: Le déficit de couverture s'estompe presque entièrement chaque hiver, pour se creuser plus amplement, la saison estivale venue. C'est un facteur récurrent et facile à comprendre: la glace d'été est composée en grande partie de vieille glace (2 à 6 ans), et épaisse de plusieurs mètres, tandis que celle d'hiver n'est présente qu'en hiver et est donc beaucoup plus fine. Cette dernière va donc s'étendre en une fine couche sur une surface très grande, tandis que la glace d'été se creuse de plus en plus chaque été et peine à se reformer en hiver, les rigueurs de l'hiver tempérées par le réchauffement climatique très important dans cette région.